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Rester soi-même dans un monde qui nous pousse à devenir quelqu'un d'autre ? - Gwladys Montredon
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Rester soi-même dans un monde qui nous pousse à devenir quelqu’un d’autre ?

Je partage rarement ici des réflexions très personnelles. Mon site parle habituellement de naturopathie, de massage, du corps, du stress et du bien-être. Mais aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de quelque chose qui me touche profondément : la gentillesse.

J’ai toujours été fascinée par les gens gentils.

Et pas simplement parce qu’ils sont agréables à côtoyer. Je suis fascinée par leur pouvoir de transformation.

Une rencontre avec une personne profondément gentille peut illuminer une journée, mettre du baume au cœur. Un sourire sincère, une conversation pourtant banale, une attention spontanée… et quelque chose passe. Quelque chose qui nous touche. Comme si, pendant quelques instants, cette personne nous rappelait qu’il existe encore de la douceur dans le monde.

Nous sommes tous humains, avec nos contradictions, nos maladresses, nos blessures et nos jours où nous sommes loin d’être la personne que nous aimerions être. Et si je parle de gentillesse aujourd’hui, c’est justement parce qu’elle m’interroge et parce que je la trouve précieuse.

Quand je parle de gentillesse, je ne parle pas de perfection

Je ne parle pas non plus d’être sympathique avec tout le monde, d’être disponible à tout. J’évoque une gentillesse profonde, authentique, spontanée.

Ces personnes qui œuvrent avec le cœur dans leur travail, dans leur quotidien, dans leurs interactions avec les autres. Des personnes dont les mots, la présence et les actes racontent finalement la même histoire.

Il y a chez elles une forme de cohérence désarmante.

Elles peuvent être imparfaites, se tromper, avoir leurs blessures, leurs défauts, leurs mauvais jours. Mais quelque chose reste. Une forme d’intégrité. Un ancrage.

Elles traversent parfois votre vie et indéniablement, elles y laissent une trace indélébile.

La gentillesse n’est pas la naïveté

C’est une confusion qui me dérange beaucoup.

Parce qu’être gentil ne signifie pas se laisser marcher dessus.

Les personnes profondément bienveillantes savent poser leurs limites. Elles peuvent parfois se faire avoir, comme tout le monde. Mais elles apprennent de leurs expériences sans nécessairement laisser ces expériences décider de la personne qu’elles vont devenir.

Elles peuvent dire non, elles peuvent partir, elles peuvent changer de direction, elles peuvent regarder quelqu’un qu’elles aiment et se dire : « Je t’aime, mais cette relation n’est plus bonne pour moi. »

Être chaleureux sans tout accepter, être généreux sans se sacrifier, pardonner sans rester, aimer quelqu’un sans avoir à le sauver : tout cela peut aussi être une manière de « poser ses limites ». Et, les limites ne sont pas l’ennemie de la gentillesse, elles la protègent.

Je crois aussi que nous avons tous, à un moment de notre vie, pu être naïfs. Nous avons parfois envie de croire que l’autre fonctionne comme nous. Nous donnons, nous faisons confiance, nous espérons. Et puis certaines expériences nous apprennent que ce n’est pas toujours le cas, l’autre a son propre mode de fonctionnement.

La question est alors de savoir ce que nous faisons de cette expérience. Est-ce qu’elle nous permet de mieux nous connaître ? Ou est-ce qu’elle nous pousse à devenir quelqu’un que nous ne sommes pas ?

Quand la protection devient une identité

Certaines personnes, à force de coups, finissent par se construire une carapace.

Et je ne les juge pas. Je ne connais pas leur histoire. Peut-être que cette carapace leur a un jour permis de survivre à quelque chose qu’elles ne savaient pas traverser autrement.

Le problème n’est pas de se protéger car la protection est parfois indispensable. Le problème apparaît lorsqu’elle devient notre identité. Lorsqu’on ne sait plus où s’arrête l’armure et où commence notre véritable personnalité. Lorsqu’on a tellement été blessé que l’on ne laisse plus personne approcher. Lorsqu’on confond force et dureté. Lorsqu’on finit par se couper de ses émotions, de son empathie, de son intuition… et parfois même de soi.

Et pourtant, je crois que cette part de nous n’a pas forcément disparu. Elle est parfois simplement devenue inaccessible.

Pourquoi certaines personnes restent-elles profondément gentilles malgré tout ?

Et c’est ce qui me fascine le plus.

J’ai rencontré, dans ma vie personnelle et professionnelle, des personnes profondément bienveillantes.

Une amie, un coach, un client, une personne de ma famille …

Des personnes très différentes les unes des autres, mais qui ont quelque chose en commun : leur gentillesse ne semble pas être une stratégie. Elle est là, naturelle, spontanée, et surtout, elle ne disparaît pas lorsque les choses deviennent difficiles.

Certaines ont connu des enfances compliquées, d’autres ont traversé de lourdes épreuves, des relations difficiles, parfois des moments où elles auraient pu devenir profondément amères. … et pourtant, elles ont continué d’avancer sans perdre cette bonté. Elles restent positives, elles gardent une forme de foi en la vie et en l’humain.

Elles ne sont pas épargnées par les difficultés. Elles travaillent, elles doutent, elles tombent parfois mais elles se relèvent sans avoir besoin de devenir quelqu’un d’autre.

C’est peut-être cela, finalement, que j’admire chez elles : elles ne laissent pas les tempêtes décider de qui elles vont devenir.

Aussi, il y a quelque chose d’étonnant chez ces personnes : elles sont souvent profondément magnétiques. On a envie de leur parler, de rester près d’elles, de les écouter. On se sent bien en leur présence. Pas parce qu’elles cherchent à plaire mais parce que leur générosité semble circuler naturellement.

Et on les aime tout simplement. C’est ce qu’elles inspirent.

Le contraire de la gentillesse n’est peut-être pas la méchanceté

Je ne voudrais surtout pas tomber dans une opposition simpliste entre les « gentils » et les « méchants ». La vie est beaucoup plus complexe que cela.

Une personne peut être dure parce qu’elle souffre. Une autre peut être méprisante parce qu’elle se protège. Une autre encore peut avoir simplement choisi de ne plus faire de place à certaines valeurs. Je ne sais pas car je ne connais pas l’histoire intérieure des autres.

En revanche, je me demande souvent si le véritable contraire de la gentillesse ne serait pas davantage le cynisme.

Le cynisme, c’est peut-être le moment où l’on ne croit plus que la bonté existe, ou qu’elle mérite encore d’être vécue. C’est une forme de renoncement. Et je crois que c’est précisément ce renoncement que j’ai envie d’éviter. Pour moi, bien sûr. Mais aussi dans mon travail : aider une personne à retrouver suffisamment d’espace intérieur pour qu’elle puisse à nouveau entendre ce qui vibre en elle.

Et si nous nous étions simplement éloignés de nous-mêmes ?

C’est ici que ma réflexion sur la gentillesse rejoint directement mon travail.

Parce qu’au fil des années, j’ai compris que les personnes qui viennent me voir ne savent pas toujours qu’elles se sont éloignées d’elles-mêmes.

Elles viennent :

  • Parce qu’elles sont fatiguées,
  • Parce qu’elles dorment mal,
  • Parce que leur corps est constamment tendu,
  • Parce que leur digestion s’est déréglée,
  • Parce qu’elles n’arrivent plus à récupérer,
  • Parce qu’elles ont l’impression de fonctionner en permanence sous tension,
  • Parce qu’elles sentent qu’elles arrivent au bout de quelque chose.

Elles viennent parfois pour un massage, pour une consultation de naturopathie, pour un accompagnement émotionnel ou énergétique.

Mais derrière la demande initiale, je retrouve souvent une même question :

« Comment est-ce que je reviens à moi ? »

Je ne prétends pas que tous nos maux viennent d’une seule cause, ni que le corps permet à lui seul de tout comprendre. Mais je crois profondément qu’il mérite d’être écouté, parce que le corps parle.

Il parle avec ses sensations, ses tensions, sa fatigue, son sommeil, sa digestion, sa respiration. Il ne dit pas toujours pourquoi. Mais il peut nous signaler que quelque chose mérite notre attention et parfois, avant même de comprendre avec notre tête ce qui est en train de se passer, notre corps nous invite déjà à ralentir, à écouter, à nous retrouver.

C’est aussi pour cela que le toucher occupe une place importante dans mon approche.

Un massage peut être bien plus qu’un moment de détente. Il peut devenir un temps où l’on cesse enfin de courir, où l’on revient à ses sensations, où l’on recommence à habiter son corps.

La naturopathie, elle, me permet d’explorer autrement ce qui se joue dans le quotidien : le rythme de vie, l’alimentation, la récupération, le stress, les habitudes qui soutiennent ou épuisent.

Et le travail émotionnel et énergétique ouvre encore un autre espace : celui de l’écoute intérieure, du ressenti, de ce qui demande parfois à être accueilli plutôt qu’à être immédiatement réparé.

Ces approches sont différentes mais elles ont pour moi un point commun : créer un espace pour revenir à soi.

Et peut-être que c’est parfois tout ce dont nous avons besoin pour ne pas nous perdre : nous arrêter un instant pour nous entendre à nouveau.

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